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Plongée / Sécurité et santé

Œdème pulmonaire d’immersion : un risque à connaître en plongée

Un essoufflement inhabituel sous l’eau peut révéler un œdème pulmonaire d’immersion, une urgence qui impose d’interrompre la plongée et d’alerter les secours. Reconnaître les signes, assister son binôme et demander un avis spécialisé avant toute reprise sont les réflexes essentiels.

6 min de lecturePublié le 2 novembre 2026

Une plongée peut commencer sereinement, puis basculer lorsqu’un plongeur peine soudain à respirer. Ce symptôme ne doit jamais être attribué trop vite au stress, au courant ou à un manque de condition physique. Parmi les causes possibles figure l’œdème pulmonaire d’immersion, souvent abrégé OPI, qui peut toucher une personne sans maladie cardiaque connue. Pour le plongeur comme pour son binôme, l’objectif n’est pas de poser un diagnostic sous l’eau : il est de reconnaître une difficulté respiratoire anormale et d’organiser rapidement la mise en sécurité.

Comprendre l’œdème pulmonaire d’immersion

L’OPI correspond à une accumulation de liquide provenant de la circulation sanguine dans les tissus pulmonaires et les alvéoles. Ce liquide perturbe les échanges gazeux et peut entraîner un manque d’oxygène dans le sang. Il ne s’agit donc pas nécessairement d’eau inhalée après une fausse route ou une perte d’embout. Le phénomène peut apparaître alors que le plongeur respire sur son détendeur, sans entrée d’eau dans les voies respiratoires.

Pourquoi l’immersion peut favoriser ce phénomène

L’immersion déplace une partie du sang des membres vers le thorax, ce qui augmente le volume sanguin central. Le froid et l’effort peuvent accentuer les contraintes cardiovasculaires. Par ailleurs, les conditions de respiration sous l’eau peuvent imposer un effort inspiratoire supplémentaire. Chez certaines personnes, la combinaison de ces facteurs favorise le passage de liquide vers les espaces pulmonaires, sans qu’un incident matériel soit nécessaire.

Reconnaître les signes respiratoires d’alerte

Le signe principal est une gêne respiratoire inhabituelle, parfois brutale, qui paraît disproportionnée par rapport à l’effort fourni. Le plongeur peut avoir l’impression de ne pas recevoir assez d’air, malgré une réserve disponible et un détendeur fonctionnel. Une toux, une respiration rapide ou une sensation d’oppression peuvent accompagner cette difficulté. Les symptômes peuvent débuter en immersion et rester présents, voire devenir plus évidents, après le retour en surface.

Ne pas attendre une expectoration rosée

Des crachats mousseux, parfois rosés ou sanglants, constituent un signal particulièrement inquiétant. Ils ne sont toutefois pas indispensables pour suspecter un OPI : leur absence ne rassure pas à elle seule. Une agitation inhabituelle, une confusion ou une perte de connaissance peuvent traduire une oxygénation insuffisante. L’anxiété peut être une conséquence de la détresse respiratoire plutôt que son explication.

Signe observéCe qu’il faut retenirRéaction attendue
Essoufflement inhabituel ou sensation de manquer d’airUne urgence respiratoire est possible, même sans touxSignaler le problème et interrompre la plongée avec assistance
Toux persistante, oppression, respiration rapideCes signes justifient une évaluation médicale urgente dans ce contexteSortir de l’eau et alerter les secours
Crachats mousseux, rosés ou sanglantsUn œdème pulmonaire fait partie des causes possiblesAlerter immédiatement et administrer de l’oxygène si disponible
Confusion, malaise ou perte de connaissanceLa situation est critiqueAssurer le sauvetage et les gestes de secours adaptés

Sous l’eau : interrompre la plongée et rester accompagné

Dès qu’une difficulté respiratoire anormale apparaît, il faut prévenir son binôme et arrêter l’effort. Continuer le parcours pour rejoindre un point d’intérêt ou attendre que la gêne disparaisse expose à une aggravation. Le binôme aide à organiser une remontée contrôlée, selon la formation reçue et les contraintes de la situation, sans laisser la personne seule. Une remontée précipitée ou en bloquant sa respiration ajoute d’autres dangers à l’urgence initiale.

Une sensation de panne d’air peut tromper

Une vérification rapide de l’alimentation en gaz reste pertinente devant un signal de manque d’air. Si un problème d’alimentation existe, les procédures apprises s’appliquent. Mais une difficulté qui persiste avec une source de gaz fonctionnelle ne doit pas conduire à multiplier les essais sous l’eau. La priorité reste la fin de l’immersion et l’assistance, sans chercher à distinguer soi-même toutes les causes possibles.

En surface : une urgence, même si l’état s’améliore

En surface, assurer la flottabilité et maintenir les voies respiratoires hors de l’eau sont les premières priorités. La sortie doit être assistée, avec le moins d’effort possible pour la victime. Une personne essoufflée ne devrait pas devoir palmer longuement ou remonter seule une échelle avec son équipement. Une fois hors de l’eau, elle doit rester au repos, protégée du froid et surveillée en permanence.

Transmettre les informations utiles

Indiquez aux secours qu’il s’agit d’un accident survenu pendant ou après une plongée, avec des symptômes respiratoires. Précisez le moment d’apparition, le profil de plongée, les gaz utilisés, les éventuelles difficultés de remontée et les premiers gestes réalisés. Une amélioration après la sortie de l’eau ou sous oxygène ne permet pas d’écarter une atteinte sérieuse. Il ne faut ni reprendre la plongée ni se contenter d’une surveillance informelle au club.

À l’hôpital : confirmer la cause et traiter

Une gêne respiratoire liée à la plongée peut aussi avoir d’autres causes, notamment une inhalation d’eau, un problème cardiaque ou un accident pulmonaire lié à la pression. L’équipe médicale évalue l’oxygénation, examine la personne et choisit les examens nécessaires. Selon la gravité, une assistance respiratoire peut être nécessaire en complément de l’oxygène. Les traitements dépendent du diagnostic et ne doivent pas être improvisés avec des médicaments disponibles à bord.

Le passage en caisson hyperbare n’est pas le traitement systématique d’un OPI isolé. Il peut néanmoins être discuté si l’équipe médicale suspecte un autre accident de plongée associé. C’est pourquoi le récit précis de la plongée et de la remontée reste important. La destination et les modalités de transport relèvent de la régulation médicale.

Avant toute reprise : rechercher les facteurs favorisants

Un épisode d’OPI impose un avis spécialisé avant toute nouvelle immersion. Le bilan recherche notamment une hypertension artérielle ou une maladie cardiovasculaire, tout en tenant compte des circonstances de l’accident. L’absence de maladie connue ou une bonne condition physique ne suffisent pas à autoriser la reprise. Un médecin compétent en médecine de plongée, avec un avis cardiologique selon les besoins, doit évaluer la situation.

La disparition des symptômes n’efface pas le risque

Une récidive est possible, y compris après une récupération apparemment complète. Il n’existe donc pas de délai universel après lequel replonger serait automatiquement sûr. La décision tient compte du bilan, des facteurs favorisants et du risque résiduel ; elle peut conduire à déconseiller la plongée. Réduire simplement la profondeur ou choisir une eau plus chaude ne remplace pas cette évaluation.

Prévenir sans promettre un risque nul

Pour tous les plongeurs, une hypertension connue doit être suivie et discutée lors de l’évaluation médicale d’aptitude. Adapter l’effort aux conditions, disposer d’une protection thermique appropriée et utiliser un matériel entretenu contribuent à limiter certaines contraintes. Il convient aussi d’éviter de boire excessivement avant l’immersion, sans chercher pour autant à se déshydrater. Enfin, un briefing qui prévoit clairement l’arrêt de la plongée au premier symptôme anormal facilite une réaction rapide.

Conclusion

L’œdème pulmonaire d’immersion rappelle qu’une respiration anormale sous l’eau mérite toujours d’être prise au sérieux. Interrompre la plongée, assister la sortie, alerter et administrer de l’oxygène sont les priorités face à une suspicion. Après l’urgence, seul un avis spécialisé permet d’envisager la suite : retrouver son souffle ne signifie pas avoir retrouvé son aptitude à plonger.

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Sources

Questions fréquentes

Peut-on faire un OPI sans avoir inhalé d’eau ?

Oui. Le liquide provient de la circulation sanguine et s’accumule dans les poumons. Une inhalation d’eau n’est pas nécessaire au déclenchement d’un OPI.

Les crachats rosés sont-ils toujours présents ?

Non. Une difficulté respiratoire inhabituelle, avec ou sans toux, suffit à justifier l’arrêt de la plongée. Il ne faut pas attendre l’apparition de crachats rosés pour agir.

L’OPI concerne-t-il uniquement les plongées en eau froide ?

Non. Le froid est un facteur favorisant, mais un OPI peut aussi survenir en eau chaude. La température ne permet pas d’exclure cette urgence.

Faut-il consulter si tout rentre dans l’ordre en surface ?

Oui, une évaluation médicale urgente reste nécessaire. L’amélioration après la sortie de l’eau ne permet ni d’exclure une atteinte pulmonaire ni d’autoriser une nouvelle plongée.

Peut-on reprendre après un bilan normal ?

Un bilan rassurant ne garantit pas l’absence de récidive. La décision doit être individualisée avec un médecin compétent en médecine de plongée, sans reprise spontanée.

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