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Plongée / Sécurité et santé

Accident de décompression : reconnaître les signes et déclencher les secours

Après une plongée, un symptôme inhabituel ne doit jamais être banalisé, même si la remontée et les paliers semblent avoir été respectés. Face à un possible accident de décompression, la priorité est de déclencher les secours, de protéger le plongeur et d’éviter toute réimmersion.

6 min de lecturePublié le 2 novembre 2026

Le bateau retrouve son calme, le matériel rejoint les bacs et chacun raconte sa plongée. Une douleur nouvelle, des fourmillements ou une fatigue inhabituelle peuvent pourtant réclamer une attention immédiate. Il ne s’agit pas de décider soi-même s’il existe un accident de décompression, mais de reconnaître une situation qui nécessite un avis médical urgent. Le binôme et l’encadrement ont un rôle essentiel : écouter, alerter et rester auprès de la personne.

Comprendre le risque sans chercher à poser un diagnostic

Pendant la plongée, la pression favorise la dissolution de gaz inertes, notamment l’azote, dans les tissus. Lors de la remontée, la diminution de pression permet leur élimination, mais des bulles peuvent se former et provoquer des lésions. L’accident de décompression peut ainsi toucher différentes parties du corps. Ses manifestations ne se limitent donc pas aux douleurs articulaires souvent associées à ce risque.

Une plongée apparemment normale n’exclut pas un accident

Respecter son ordinateur et les procédures de décompression réduit le risque sans le supprimer. Un profil jugé raisonnable ne suffit donc pas à écarter un accident lorsque des symptômes apparaissent. Inversement, un symptôme après une plongée peut avoir une autre cause, parfois également urgente. Cette distinction relève des professionnels de santé, pas d’une discussion sur le pont.

Les signes peuvent apparaître à la sortie de l’eau ou dans les heures suivantes, et parfois plus tardivement. Leur absence au moment du déséquipement ne garantit pas que tout danger soit écarté. Il ne faut pas attendre un délai particulier ni l’apparition de plusieurs symptômes pour demander de l’aide. Une amélioration spontanée ne suffit pas non plus à rassurer.

Quels signes doivent faire réagir ?

L’élément important est l’apparition d’un trouble inhabituel dans le contexte d’une plongée récente. Les manifestations peuvent être discrètes, fluctuantes ou difficiles à décrire. Une personne peut minimiser ce qu’elle ressent par peur de déranger ou d’interrompre la sortie. Accueillir son signalement sans jugement facilite une prise en charge rapide.

Manifestations possiblesExemples à signaler aux secours
DouleursDouleur articulaire ou musculaire inhabituelle, notamment persistante.
Troubles sensitifs ou moteursFourmillements, engourdissement, faiblesse d’un membre, difficulté à marcher.
Troubles de l’équilibre ou des sensVertige, déséquilibre, trouble visuel ou auditif.
Manifestations cutanéesDémangeaisons, marbrures ou coloration inhabituelle de la peau.
Signes généraux ou neurologiquesFatigue anormale, malaise, confusion, difficulté à uriner.
Signes respiratoires ou circulatoiresEssoufflement inhabituel, douleur thoracique, perte de connaissance.

Ce tableau présente des exemples, pas un outil d’autodiagnostic ni une liste exhaustive. Aucun de ces signes ne permet, à lui seul, de confirmer un accident de décompression. En revanche, leur apparition après une plongée justifie une alerte médicale urgente. Une difficulté respiratoire, une perte de connaissance ou un déficit neurologique réclament une réaction immédiate.

Ne pas expliquer trop vite les signes discrets

Le froid, l’effort ou le port du matériel semblent parfois expliquer une douleur ou une fatigue. Cette explication intuitive ne permet pourtant pas d’exclure un accident. Signalez ce qui change par rapport à l’état habituel du plongeur, même si cela paraît modeste. N’improvisez pas de tests physiques pour tenter de prouver que tout va bien.

Déclencher les secours sans attendre une certitude

En Belgique et dans l’Union européenne, le 112 permet de joindre les secours. À l’étranger, prévoyez avant la sortie le numéro d’urgence et la procédure locale, notamment en mer. Dès l’appel, annoncez une suspicion d’accident de plongée et décrivez les symptômes observés. Suivez les consignes de l’opérateur, qui organise la réponse adaptée.

Transmettre des informations utiles

  • La localisation précise, les coordonnées disponibles et les conditions d’accès.
  • Le nombre de personnes concernées, leur état de conscience et leur respiration.
  • Les symptômes, leur heure d’apparition et leur évolution.
  • L’heure de sortie de l’eau, la profondeur, la durée et les plongées récentes.
  • Les gaz utilisés, les incidents éventuels et les gestes déjà réalisés.
  • Un numéro de rappel et les moyens de communication disponibles.

Ces renseignements sont utiles, mais leur collecte ne doit pas retarder l’appel. Gardez l’ordinateur de plongée disponible pour l’équipe médicale, sans perdre de temps à interpréter son historique. Si plusieurs personnes sont présentes, répartissez l’alerte, l’assistance et l’accueil des secours. Une assistance spécialisée comme DAN peut compléter cette organisation, sans remplacer les secours locaux.

Accompagner le plongeur pendant l’attente

Mettez la personne en sécurité hors de l’eau, sans exposer les sauveteurs. Évitez les efforts inutiles et installez-la au repos dans une position adaptée à son état et aux consignes reçues. Protégez-la du froid comme d’une chaleur excessive. Restez auprès d’elle et surveillez régulièrement sa conscience et sa respiration.

L’oxygène de premiers secours

L’administration précoce d’oxygène à la concentration la plus élevée possible fait partie des premiers secours recommandés lors d’une suspicion d’accident de décompression. Elle doit utiliser un matériel adapté, mis en œuvre par une personne formée selon son protocole. Elle ne doit pas retarder l’alerte ni l’évacuation. L’oxygène impose également d’éloigner flammes, cigarettes et sources d’inflammation.

Une amélioration sous oxygène ne signifie pas que l’accident est résolu. Ne décidez pas seul d’interrompre la prise en charge ou d’annuler les secours. Signalez l’évolution, favorable ou non, et suivez les instructions reçues. Ne donnez pas de médicament de votre propre initiative.

Si la conscience ou la respiration se dégradent

Une personne inconsciente qui respire normalement doit être placée en position latérale de sécurité, selon les consignes des secours. Si elle ne respire pas normalement, commencez la réanimation cardiopulmonaire et faites apporter un défibrillateur si disponible. L’opérateur peut guider les gestes par téléphone. Ne donnez rien à boire à une personne inconsciente ou présentant un trouble de la déglutition.

Laisser les professionnels organiser la suite

L’évaluation médicale détermine les examens et le traitement nécessaires, notamment l’indication d’une recompression thérapeutique en caisson hyperbare. Il ne faut pas choisir soi-même un caisson ni partir sans coordination médicale. L’orientation dépend de l’état du patient et des moyens disponibles. La disparition des signes ne dispense pas de cette évaluation.

Dans l’attente des consignes médicales, ne reprenez pas la plongée et évitez l’avion ou une montée en altitude. Préparer ces situations commence avant la mise à l’eau : communication, oxygène de secours et rôles clairement attribués. Une formation aux premiers secours permet aussi de mieux utiliser le matériel disponible. Elle aide surtout à agir sans laisser l’incertitude retarder l’alerte.

Conclusion

Reconnaître un possible accident de décompression ne consiste pas à identifier soi-même une maladie. Il s’agit de prendre au sérieux un signe inhabituel, de signaler la plongée récente et d’appeler rapidement les secours. Repos, surveillance et oxygène administré par une personne formée accompagnent cette alerte, sans la remplacer. La bonne décision se prend en équipe, hors de l’eau, jamais par une réimmersion improvisée.

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Sources

Questions fréquentes

Un accident de décompression peut-il survenir malgré le respect des paliers ?

Oui, le respect des procédures réduit le risque sans l’éliminer. Un ordinateur sans alerte ne permet pas d’exclure un accident. Des symptômes inhabituels après la plongée nécessitent une alerte médicale.

Faut-il attendre que plusieurs symptômes apparaissent ?

Non, un seul signe inhabituel peut justifier l’appel. Attendre une aggravation ou une combinaison de symptômes peut retarder les soins. Décrivez ce que vous observez sans chercher à confirmer le diagnostic.

Que faire si les symptômes disparaissent sous oxygène ?

Signalez cette amélioration aux secours et poursuivez leurs consignes. Elle ne prouve pas que le problème est résolu. L’évaluation médicale reste nécessaire.

Peut-on redescendre pour refaire des paliers ?

Non, il ne faut pas tenter une réimmersion improvisée pour traiter des symptômes. Elle expose à des dangers supplémentaires, dont la noyade. La prise en charge doit être organisée avec les secours.

Qui décide de l’envoi vers un caisson hyperbare ?

Les professionnels médicaux décident de l’orientation et du traitement. Le choix dépend notamment de l’état du plongeur et des moyens disponibles. Contactez les secours plutôt que d’organiser seul un trajet vers un caisson.

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